CONTESTS DE RUE, SEPTEMBRE 2026

Si le business du skate s’effondre, avec des shops qui ferment toutes les semaines, des marques qui disparaissent (qu’elles soient grosses ou petites -la dernière en date étant Converse qui vient de fermer sa section skate), les contests semblent tenir bon, au moins dans les grandes villes. Si ceux-ci ont toujours existé à toutes les échelles, ils prenaient place, le plus souvent, dans des skateparks et il semblerait qu’aujourd’hui, le skate revienne à ses racines : la rue. En témoignent les divers évènements ayant eu lieu ces dernières semaines en France : Slappy Challenge à Lyon, Eroticsociety Hillbomb et Nozbone Benchmark à Paris, Zupinrace à Bayonne…

par Tura

Bien-sûr, les contests traditionnels, avec leurs lots de backlips et de parents-coachs existent toujours mais, en réalité, si vous avez plus de 16 ans et que vous avez été bercé aux vidéos Thrasher, il y a de fortes chances que vous soyez plutôt enclin à aller rejoindre vos pairs dans la rue, la vraie, avec ses cracks et ses flaques de pisse, que d’aller vous enfermer dans un skatepark. 

„LE SEUL CONTEST QUI SE REVENDIQUE ‚DE LA RUE‘, LA STREET LEAGUE, SE DEROULE DANS UN SKATEPARK“

Le succès des contests précités (dont le format est bien loin des compétitions type fédé avec casques, chronomètres et juges formés) qui attirent parfois plus de badauds que de compétiteurs illustre cette tendance. Affranchis de toute modalité d’inscription, ils effacent la frontière entre spectateurs passifs et compétiteurs, offrant la possibilité de passer de l’un à l’autre sans aucune pression.

Ces contests n’ayant la plupart du temps pour règles uniquement celles implicites que les skateurs assimilent avec les années de pratique, ils intègrent plus facilement les femmes. Au Slappy Challenge par exemple, des sessions féminines ont lieu entre deux « best tricks » masculins (par défaut), et ont fini en 2026 par se joindre directement à la dernière session, laissant présager une édition 2027 totalement mixte.

Au Benchmark cette année, si une seule femme a participé, elle s’est intégrée naturellement, sans bénéficier de quelconque aménagement. Cependant, il est vrai qu’à l’Eroticsociety Hillbomb et au Zupinrace, les modules étaient plus à la mesure des hommes, démontrant qu’il reste encore des idées à trouver pour être plus inclusifs…

Puisque tout le monde connaît le principe de ce genre de contests en milieu urbain, les MC ont ainsi beaucoup plus de libertés pour s’attarder sur autre chose que l’aspect technique d’une compétition de skate. Missionnés principalement pour divertir, les speakers peuvent facilement railler les participants trop sérieux et s’autoriser des private jokes, frôlant parfois le stand up comedy, donnant à l’évènement une ambiance plus proche de l’apéro géant que d’un championnat quelconque…

Mais le plus drôle là-dedans, c’est que le seul contest qui se revendique de la rue, la Street League, se déroule dans un skatepark !